Un sentiment oublié : comment les enfants oublient le sentiment de faim avec des galettes de riz

Les galettes de riz ont de plus en plus la cote pour les petites faims, surtout auprès des mamans. À priori, pas de mauvaise conscience à l’horizon lorsque l'on ouvre le paquet et que l'on distribue le riz soufflé aux enfants grognons lors d’une escapade. Les gaufrettes ont autant le goût du carton qu’elles en ont la valeur nutritionnelle : sans sucre, pauvres en graisses et en calories.

Mais les petits sont toujours enthousiastes d’avoir quelque chose à se mettre sous la dent. En observant chaque poussette ou siège d’enfant, vous pourrez y retrouver des vestiges de ces galettes blanches.

Maman donnant un gâteau à un bébé

Dans un rapport publié dans le magazine allemand ‘Eltern’, l'auteure observe cette évolution avec inquiétude. Elle se demande si les enfants ne sont pas en train de perdre une expérience très importante avec la consommation constante de galettes de riz, de biscottes, de biscuits à l'épeautre et compagnie : le sentiment de faim.

Greta Mitterweiß ne parle pas de la misère que l'on connaît dans les pays du tiers-monde. Elle fait état de la sensation qui se produit lorsque l'estomac est vide, que les sucs digestifs ont fait leur travail et que le corps signale que ses réserves d'énergie ont été épuisées.

Un enfant avec une galette de riz dans la bouche

L'auteure se souvient de sa propre enfance. À cette époque, un petit casse-croûte aurait sûrement été prévu pour la route ; un sandwich probablement que l’on emportaient avec nous lorsque de longs trajets en voiture étaient prévus : “Ces casse-croûte étaient contre la faim, pas contre l'appétit. Et on les mangeait avec le plus grand plaisir, bien qu’ils fussent souvent très simples. Pour ceux qui ont vraiment faim, même la nourriture la plus basique devient une fête pour le palais. Les pleurs parce que le gâteau était cassé, le pain mal tartiné ou le biscuit sans motif était beaucoup moins fréquents.”

“Les gens d'une trentaine d'années peuvent encore s'en souvenir : la faim, c'est ce grondement dans le ventre après trois heures passées dans la piscine, un après-midi à construire des cabanes dans les arbres, une balade à vélo. Les gens de cette génération ont été envoyés dans de telles aventures sans casse-croûte” écrit Greta Mitterweiß.

Un enfant en train de pleurer

Aujourd'hui, en revanche, on a l'impression d’être un mauvais parent si on ne délivre pas immédiatement quelque chose à se mettre sous la dent. Même si vous n'appartenez pas à la catégorie des parents qui sont habituellement équipés de bâtonnets de carottes et de tisane aux fruits, difficile de s'empêcher de proposer constamment quelque chose à manger à son enfant.On est entouré de Tupperwares qui s'ouvrent dans tous les sens et qui sont constamment réapprovisionnés : “un flux constant de calories s'écoule des sacs à dos des parents pour que les petits ne manquent de rien.”

Un enfant en train de manger un biscuit

Mais le commentaire de Greta Mitterweiß n'est en aucun cas une complainte nostalgique du bon vieux temps. Il ne s'agit pas seulement d'autodiscipline et de restriction. La véritable sensation de faim est nécessaire à une alimentation saine et à l'éducation alimentaire !

Depuis plusieurs décennies, les nutritionnistes et les pédiatres recommandent trois grands repas par jour et deux petits en-cas entre les repas pour un régime alimentaire sain. Les en-cas étant constitués de fruits, de crudités ou d'un yaourt. Cependant, selon les experts de la santé, il ne faut rien manger dans les deux à trois heures qui suivent la collation. Rien du tout ! Comme un jeûne à petite échelle en quelque sorte. La digestion fonctionne ainsi correctement et un rythme alimentaire est plus régulier. S'il ne mange rien pendant une demi-heure, l'enfant devrait pouvoir tenir le coup.

Une maman dans la cuisine faisant cuire des oeufs au plat avec 2 fillettes

Ceux qui n'apprennent pas dans leur enfance que la faim est différente de l'appétit et qui maintiennent leur taux d'insuline au bon niveau tout le temps auront plus de mal à maintenir leur poids naturellement plus tard. Depuis quelque temps, les scientifiques observent une tendance à la surcharge pondérale pathologique d'une part et aux régimes alimentaires extrêmes d'autre part. Peut-être, comme le pense Greta Mitterweiß, il serait utile de ne pas mettre de gâteaux de riz dans la bouche des enfants dès qu'ils en font la demande ?

Comment voyez-vous la situation : beaucoup de pleurs pour rien ou une tendance problématique dans l'éducation des enfants ?

Deux femmes, un bébé et un chien pendant un pique-nique, une pause, en 1968

L'éducation des enfants est toujours un reflet de la société. Découvrez aussi pourquoi la ‘Super Nanny’ américaine Emma Jenner est convaincue que l'éducation actuelle est vouée à l'échec.

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