Dépistage précoce : la démence peut déjà s'annoncer 15 ans à l'avance

900 000 personnes seraient atteintes de démence en France, selon les chiffres publiés sur ce site, avec 225 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Et plus nous vieillissons, plus le risque est élevé.

Dans les différentes formes de démence, la plus connue est Alzheimer. Pour ce cas particulier, les connexions entre les cellules nerveuses du cerveau sont bloquées par des dépôts de protéines : les plaques. Par conséquent, de moins en moins de cellules nerveuses sont disponibles pour les patients avec le temps. Au fur et à mesure, ils perdent donc la capacité de penser et de se souvenir de sorte que tôt ou tard, une vie indépendante et sans aide n'est plus possible.

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L'influence du mauvais sommeil sur la démence

La cause exacte de la maladie d'Alzheimer n'est pas encore connue. Les chercheurs croient qu'il est très probable qu'il y ait plusieurs déclencheurs, y compris une prédisposition génétique, des influences environnementales néfastes ou même une parodontite.

Cependant, ce qui est maintenant bien déterminé, ce sont certains symptômes associés à la maladie d'Alzheimer. Les chercheurs ont pu démontrer une corrélation frappante entre les troubles du sommeil et l'apparition de la démence. Une étude de la “Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health“ a montré qu'une mauvaise qualité de sommeil est associée à une probabilité plus élevée de contracter la maladie d'Alzheimer. Une autre étude, de l'Université de Stanford et de la faculté de médecine de Washington, est arrivée à la même conclusion.

Les résultats ne signifient pas qu'un mauvais sommeil cause la maladie d'Alzheimer, ni qu'une personne souffrant de troubles du sommeil souffre de démence : « Une fois le rôle du sommeil défini dans le développement de la démence, il y a lieu d'espérer que des méthodes d'intervention permettant de retarder ou même de prévenir la maladie pourront être identifiées » explique le scientifique Matthew P. Pase.

Trouble spécial du sommeil particulièrement affecté

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En 2017, une étude canadienne a examiné les types exacts de troubles du sommeil en fonction du risque de démence. Leur constatation est surprenante : 15 ans avant le diagnostic, le risque de maladie d'Alzheimer peut être déterminé à partir d'un trouble spécifique du sommeil qui s'exprime par le fait que les personnes concernées se frappent et donnent des coups de pieds dans ce qu'on appelle le sommeil paradoxal. Parfois, elles peuvent même tomber du lit.

Le sommeil paradoxal représente un quart à un cinquième du sommeil total et se caractérise par des mouvements oculaires rapides (REM pour “Rapid Eye Movement”). Dans un trouble du sommeil paradoxal, les personnes bougent selon leurs rêves. Les scientifiques canadiens auraient prouver que les personnes atteintes de cette perturbation du sommeil courent un risque de 80 à 100 % plus élevé de développer une maladie neurodégénérative comme la maladie de Parkinson ou la démence. Les valeurs sont bien sûr relatives et ne signifient pas que 80 % de ce trouble du sommeil est une maladie.

Une autre étude publiée dans la revue spécialisée Neurology confirme également l'influence du sommeil paradoxal sur l'apparition de la maladie d'Alzheimer. L'étude portant sur 321 sujets d'un âge moyen de 61 ans a montré que les personnes ayant moins de sommeil paradoxal, ou de sommeil en phase de rêve, présentaient un risque plus élevé de démence. De plus, le risque de maladie augmentait lorsque les participants étaient dans la phase de rêve pendant moins de 20 % de leur sommeil ou avaient besoin de plus de 90 minutes pour atteindre la phase REM. 

L'importance des résultats de l'étude réside avant tout dans le fait que les scientifiques disposent d'un point de référence clair pour la poursuite des recherches. Grâce à ces découvertes, ils seront peut-être en mesure d'agir rapidement contre la maladie d'Alzheimer.

Le dépistage précoce est important 

Fred Carian

La maladie d'Alzheimer se manifeste par une variété de symptômes qui restreignent plus ou moins la vie. Il s'agit notamment de l'augmentation des oublis, des difficultés de langage et des problèmes d'orientation, des changements de personnalité, des délires, de l'incontinence et de l'agnosie (les proches ne sont plus reconnus).

Un diagnostic précoce peut s'avérer très difficile. Cependant, dans le cas de la maladie d'Alzheimer, le traitement doit être entrepris le plus tôt possible car les médicaments qui peuvent retarder l'évolution de la maladie fonctionnent mieux au début de la maladie.

C'est précisément la raison pour laquelle les instruments de détection précoce comme la recherche sur les troubles du sommeil pourraient constituer un pas important vers l'atténuation des conséquences graves de la maladie d'Alzheimer à l'avenir. 

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